La vie ne m'en a rien laissé. Juste quelques souvenirs au coin de ma mémoire, quelques mots qui me désolent. On a rayé mes coups de crayon, rayé mon envie, rayé ma passion. Et la nostalgie l'emporte, comme ce vent hivernal qui fait voltiger les arbres de droite à gauche, éloignant sans remord les quelques feuilles tombées de leurs branches. Mon coeur se serre, cri un chant que je ne reconnais plus et me laisse porter des images qui me font mal, des images que je n'arrive plus à retenir, elles s'entassent peu à peu dans l'oubli. Plus ce sentiment, cette émotion qui traversait tout mon être. On m'a arraché le c½ur, on a du m'arracher l'âme. C'est cette société qui m'empêche de vivre ce rêve qui me hante, qui me hante encore. Même si pourtant, je tends à l'abandonner, je me bat encore pour retrouver la moitié de moi qui s'est envolée ce jour là, je me bat encore pour qu'un mot se relie à un autre sans que je ne puisse comprendre pourquoi. Je me bat encore pour tenir la main à un personnage de papier, je me bat encore pour continuer à danser avec eux, de continuer à les faire vivre, et pour continuer à vivre au travers d'eux. Pour continuer à exister... mais je n'y arrive plus, mon essence s'évapore, je m'efface, ça me manque, ça me tue.